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Revue de presse – Le Devoir, 23 juin 2015

Accès Logis

Logement social: le milieu réagit

23 juin 2015 | Isabelle Porter à Québec | Québec

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

L’entrevue publiée par Le Devoir lundi sur le logement social a suscité de vives réactions parmi les organismes du secteur qui craignent pour la survie du programme Accès Logis et l’avenir du logement abordable au Québec.

« Le logement communautaire est une bonne réponse. Ce qui nous limite, c’est la quantité de budgets disponibles », explique Édith Cyr, présidente de l’Association des groupes de ressources techniques (GRT). Rappelons que les GRT sont les organismes qui coordonnent les projets de construction de logements sociaux de coopératives ou d’organismes à but non lucratif (OBNL).

Lundi, le coordonnateur de l’organisme Clé en main, Mario Bousquet, déclarait en entrevue que le programme Accès Logis qui finance la construction de logements sociaux était coûteux et inefficace. Selon lui, le gouvernement gagnerait davantage à investir dans un programme de supplément au loyer (PSL), une subvention garantissant aux locataires dans le besoin que leur loyer n’excède pas 25 % de leur revenu.

M. Bousquet, qui aide des personnes avec des problèmes de santé mentale à se loger, ajoutait qu’il y avait actuellement des logements sociaux vides parce qu’inadaptés aux besoins.

Les logements vides: un phénomène marginal

Selon Mme Cyr, il est possible qu’il y ait des logements sociaux vides, mais ils sont rares. Alain Marcoux, son collègue à l’Association, ajoute que les logements sociaux suivent tout simplement la courbe du marché privé où les appartements s’écoulent moins vite qu’avant.

Édith Cyr ajoute que les logements sociaux laissent un héritage « pérenne », ce qui n’est pas le cas des PSL. Leur impact sur l’économie est en outre beaucoup plus grand, dit-elle. Pour chaque dollar investi, on évalue l’impact sur l’activité économique à 2,30 $.

Au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), on reconnaît que les PSL peuvent être utiles, notamment dans les situations d’urgence où on ne peut pas attendre de construire de nouveaux logements pour venir en aide aux personnes. Or pour son porte-parole François Saillant, l’un n’empêche pas l’autre. « L’idée de réclamer plus de PSL se défend, mais, pour moi, ça n’a jamais été opposé. »

Le PSL, ajoute-t-il, ne peut pas régler tous les problèmes. « En ce moment à Montréal et dans la couronne nord, on manque de grands logements pour les familles. Le PSL ne permet pas d’augmenter l’offre », dit-il.

La discussion survient alors que le gouvernement a entrepris un virage vers la formule des PSL. Un nouveau programme doit être lancé à cet effet cet automne.

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